
Le macronisme peut-il survivre à son fondateur ? Du centrisme supposé à la centralité de pouvoir : anatomie d’une continuité institutionnelle
Maître Virginie de Araújo-Recchia — Avocat au Barreau de Paris, Analyste des politiques publiques, Membre de Sovereignty
17 septembre 2026 — Analyse rédigée pour Sovereignty
Résumé
Le président de la République Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter à l’élection présidentielle de 2027. Le débat public en a tiré une question : qui lui succédera ? Cette question n’est pas la seule. Cette étude soutient que le macronisme n’a jamais constitué un centrisme au sens doctrinal du terme : les quatre critères du centrisme historique (démocratie représentative, compromis parlementaire, construction européenne, équilibre entre liberté économique et protection sociale) ne sont pas satisfaits par la pratique observée depuis 2017. Il s’agissait d’une centralité de pouvoir, c’est-à-dire d’une position permettant de gouverner, et non d’une doctrine transmissible. Tandis que le bloc dit « central » se disloque électoralement, la centralité se transfère vers les institutions : nominations aux organes de contrôle pour des mandats courant jusqu’en 2032 et 2034, lois promulguées et régimes d’exception désormais inscrits dans le droit positif, arbitrages européens engagés au-delà du calendrier national. L’étude examine enfin ce que permet réellement la Constitution en cas de conflit, la possibilité d’un retour en 2032 et celle d’une présidence du Conseil européen, pour conclure que l’horizon pertinent n’est pas le quinquennat qui s’achève mais la décennie qui commence.
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